Discours prononcé par M. Wallon

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Discours prononcé par M. Wallon
written by Henri Wallon
1903
  • Discours prononcé par
  • Professeur de Philosophie,
  • à la Distribution des Prix du Lycée de Bar-le-Duc,
  • LE JEUDI 30 JUILLET 1903


Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Mes chers Amis,

Nous serions de francs impertinents, si nous prétendions, comme Renan jadis fit pour la vertu, qu'un jour par an le travail et le mérite sont récompensés : le jour où nous vous distribuons des prix. Seriez-vous donc parmi toute la jeunesse laborieuse de France les seuls dont l'effort vaut d'être applaudi ? Et s'il fallait convier à d'équitables rémunérations tant de courageux apprentis de la vie, que ferions-nous ici nous-mêmes ? Un peu de mathématiques ou de latin, des diplômes et cette robe d'un jour : nous voici consacrés arbitres des bonnes volontés ! Mais écoutez ceux que l'âpre lutte instruit des besoins profonds et vrais de la conscience humaine. « Quoi, nous disent-ils, encore des sanctions ? Notre labeur ne pourra-t-il jamais s'affranchir du contrôle d'autrui ? Une estimation grossière, une gratification dérisoire viendra donc sans cesse avilir l'effort qui jaillit de nous-même ? Quelle est cette usurpation ? Pourquoi cette main toujours étendue sur nous pour asservir notre volonté, pour dégrader notre libre mérite ? »

N'ont-ils pas raison, ceux-là, mes amis ? L'idée d'une rémunération possible et nécessaire de nos actes et de nos peines n'est-elle point, en effet, de celles où retentit sans fin l'écho des longs tâtonnements et des innombrables défaillances de la conscience humaine poursuivant sa marche sur la route ardue des siècles ? Lasse de voir à tout instant s'évanouir dans la nuit chaotique et violente des appétits matériels la trace lumineuse d'une pensée trop vague encore pour se saisir elle-même ; déçue du premier frisson de tendresse et de sympathie qui l'éveille aux aspirations du coeur, parce qu'elle ignore qu'il n'y a point à chercher d'objet dont les perfections impossibles puissent provoquer et satisfaire nos affections ; harassée enfin de l'effort dépensé pour coordonner tant d'essais infructueux, se débattant dans l'impuissance, avortant dans l'oubli de ses intentions premières ; par une dernière secousse de son désespoir, ces aspirations qu'elle ne sait plus comment rassasier, elle les projette hors d'elle-même, et s'en faisant des réalités indépendantes et tutélaires, cherche en elles l'appui nécessaire à sa marche ; son besoin de penser et de savoir ? Voici des affirmations de quoi le satisfaire — ses désirs impuissants de vouloir et d'agir ? Voici des ordres pour leur donner le change — ses rêves enfin, ses rêves féconds d'amour, de beauté, d'espérance ? Voici pour eux aussi de quoi les apaiser ; voyez ces couronnes, voyez ces récompenses, voyez ces faveurs ; tout, elle tiendra tout de la main de ses maîtres.

Au prix de cette sujétion, la conscience du moins sera plus assurée ? Elle ira soutenue au terme de sa course ? Vaine espérance ! Entourée du cortège des illusions, c'est en vain qu'elle appelle, c'est en vain qu'elle supplie :

Le juste opposera le dédain à l'absence

Et ne répondra plus que par un froid silence

Au silence éternel de la Divinité.

De déceptions en déceptions elle trébuche, jusqu'au jour où retombant sur elle-même, il ne lui reste plus qu'à se contempler avec dégoût : l'homme alors lui apparaît tel qu'il s'est cru, l'animal frêle et servile que l'espoir égoïste d'une récompense peut seul déterminer à l'action. A qui ne va-t-elle pas désormais se livrer dans son insatiable besoin de vivre ? Accourez tous ; profitez, médecins trompeurs, qui ne savez qu'entretenir au coeur de ceux qui souffrent l'éternelle et folle illusion : qu'elle chasse enfin l'essaim parasite qui vivait de sa déchéance, qu'elle se reconquière elle-même, notre conscience dépecée, n'est-ce pas l'unique remède ? Un jour le malade guéri, laissant là ses béquilles, se dresse seul debout. Va-t-il succomber encore une fois victime des vieux mirages trompeurs ? Spectateurs de cette lutte, gardons-nous de lui rejeter à la face l'illusion délaissée, crions-lui notre encouragement, crions-lui : « Confiance, aie confiance en tes libres efforts. Va seul, va sans soutien, c'est aller sûrement. » Donner de tels conseils, mes chers amis, c'est là toute l'oeuvre d'éducation. Vous avez déjà vu l'hirondelle, quand son petit quitte le nid : elle l'appelle et l'engage, l'approche, et l'enveloppant avec agilité de son propre vol, paraît le soutenir, puis repart, et le distance ; mais devinant une défaillance, voici qu'elle lui propose l'attrait léger de quelque proie menue ; il suffit, l'image attire, la fatigue cède vite oubliée, la volonté se ressaisit — le dernier coup d'aile est donné, le débutant touche au port ; exalté des forces nouvelles dont il a fait l'épreuve, c'est à peine s'il pense à la récompense qu'il savoure, rêvant déjà des longs voyages migrateurs. Eh bien ! vous nous le pardonnerez sans doute facilement : nous jouons avec vous le jeu de la mère hirondelle. Ce n'est point pour sanctionner votre effort, c'est pour le provoquer que nous vous distribuons ces récompenses : appels, exhortations, reproches mêmes et promesses de prix, tout ce que nous vous avons prodigué cette année, c'était uniquement pour solliciter de vous et pour obtenir l'essai complet de vos forces, le libre développement de vos jeunes énergies dans la plénitude de leur nouveauté.

Mais pour quelle oeuvre belle voulons-nous donc que vous les exerciez ainsi ? Nous voici maintenant parvenus au nid : dans le repos des vacances vous allez vous préparer à de nouveaux efforts. Pourquoi tant de persévérance à reprendre chaque année le cours de ces études qui vous courbent, dans une contrainte réelle de l'esprit et du corps, sur une tâche à remplir ? Ne faites-vous qu'obéir aux caprices orgueilleux de vos parents et de vos maîtres, ou seriez-vous les instruments de cette fatalité moderne qui, pour ses oeuvres, aurait besoin de jeunes cerveaux ? Avons-nous pour mission de préparer la monstrueuse espèce où l'homme ne serait plus que l'engin de la science et de la pensée ? Devons-nous poursuivre en vous l'atrophie systématique, la destruction méthodique des instincts, des besoins, du sentiment et du désir — l'anéantissement de cette nature primitive et naïve qui chante invariablement au coeur de l'homme la saine harmonie des saisons et des jours, du labeur et de l'espérance, de la lumière et de l'amour ? Mais si nous voulons efficacement répudier cette atroce responsabilité, il ne faut pas que nous vous laissions croire un instant à la stérilité de l'effort exigé ; il faut que nous en appelions à votre liberté et que vous aident souvent à franchir les murs de l'école, nous allions par le monde butiner les enseignements et les exemples, de quoi rendre à nos travaux la saveur réconfortante où se reconnaît la vie. Fréquemment les compagnons de vos pensées et de vos désirs, il faut que nous sachions vous assister et vous guider quand l'horizon se brouille à vos yeux. Je serai sans peine, il me semble, ce compagnon de votre esprit, s'il est vrai que c'est au privilège de l'âge, de la jeunesse j'entends, que je dois de pouvoir rechercher aujourd'hui quel est le but de vos efforts.

Qu'est-ce en effet qui nous rassemble ici ? C'est, je vous assure, un imposant spectacle qu'une distribution de prix : car derrière votre labeur, ne voyez-vous pas qu'elle évoque toute la patiente sollicitude de vos parents ? De combien d'exhortations n'ont-ils pas relevé votre courage et, pour quelques-uns d'entre vous sans doute, de quels sacrifices ne paient-ils pas cette instruction qu'ils vous font donner ? Comment ne pas nous associer de tout notre respect à la joie et à l'émotion qu'ils vont tout à l'heure éprouver quand ils entendront proclamer le nom de leurs enfants ? Ce qu'ils mettront dans l'étreinte dont ils vous récompenseront c'est, avec toute leur gratitude pour votre bonne volonté, le souvenir des peines dont ils vous ont fait le sacrifice, le sentiment de leur propre vie dépensée, consumée pour vous, et c'est la joie d'apercevoir plus proches les espérances qu'aux heures les plus dures de l'existence il leur est arrivé de placer en vous, par un des renoncements les plus beaux de la paternité.

Quelque temps encore l'attrait d'une concurrence dont nous savons au lycée savamment renouveler l'intérêt va vous soutenir. Et puis vous affronterez les concours de nos grandes écoles. Vous réussirez et vous serez distingués d'entre les autres. Alors, il vous semblera que dans la société vous êtes une élite, à voir tant d'attraits qu'elle déploie pour vous, tant d'affabilité, tant de bienveillance et d'admiration. Qui pourrait résister à votre prestige, qui pourrait douter de votre vaillance à forcer le succès? Pour vos aînés, ne montrez-vous pas cette sévérité candide que peut seule donner l'habitude des vastes pensées et des généreux élans ? Votre nourriture est encore de pur idéal : voyant dans l'usuelle réalité tant d'avortements et de concessions, il vous tarde d'entrer dans la vie pour vous illustrer. Mais brusquement, voici que vous vous trouvez le dernier venu dans la grande foule anonyme de ceux qui sont passés par les mêmes espérances que vous ; derrière eux il faut que vous preniez votre rang ; impatients de ce vaste piétinement, de cette masse opaque qui vous arrête, où s'amortissent, imperceptibles, vos poussées les plus énergiques, vous vous haussez pour voir la cause de tant de lenteurs et vous apercevez, formant la tête de la colonne, tous ceux que les fatigues du voyage ont usés ou estropiés. Et, pris d'un grand attendrissement sur vous-même, vous reconnaissez que, fuyant à tire d'ailes, vos illusions se sont perdues derrière le nuage de la route.

Alors, sans doute, vous ne maudirez pas ceux qui vous ont fait une jeunesse dorée : vous pleurerez une heure le paradis perdu et vous repartirez, acceptant de faire sans murmure l'étape quotidienne, ne demandant plus au voyage que de vous laisser oublier la dépense neutre, impersonnelle, de vos forces et de votre vie.

C'est donc de l'oubli que nous devrons tisser notre existence ? N'avons-nous rien de mieux à faire que de constamment détourner notre souvenir des fatigues de la veille ? Graduellement s'effrite notre vigueur et nous en laissons les parcelles se disséminer étrangères à notre âme, indifférentes ; c'est dans un anéantissement progressif que nous marchons vers notre heure dernière ; la mort en nous suit la vie pas à pas, elle remonte aussi le cours de notre âge et vient glacer au coeur de nos illusions déçues les forces vives de notre jeunesse, la foi, l'enthousiasme et l'amour, tous ces artisans d'idéal. Mais par quelle absurdité manifeste faut-il donc expulser de notre existence tout ce qui peut en nous le mieux exalter l'énergie ? Pourquoi cette nécessité de renoncer progressivement à nous-même, de renoncer à nous-même entièrement, le jour où notre scepticisme étant complet, nous laissons au hasard des événements le soin de faire ou défaire notre vie. Si nous y mettions au contraire un peu de cette volonté féconde qui transforme chacun de nos efforts en une manifestation et une expansion de notre âme ; si, dans un élan qui nous absorberait tout entier, nous souhaitions de ne plus être que dans nos oeuvres et par nos oeuvres ; si toute notre vie n'était que notre idéal réalisé pour nous-même et réalisé pour les autres, alors nous pourrions ne plus oublier, nous pourrions ne plus mourir — vieillesse et jeunesse se soutenant l'une l'autre, l'oeuvre justifiant l'idéal, et l'idéal resplendissant dans l'oeuvre, nous pourrions vivre dans un instant toute une éternité.

Et le moyen, écoutez, il est simple. Il faut et il suffit que cet idéal que nous avons voulu de toute notre meilleure volonté ne soit pas un non-sens, ne soit pas une faute contre la société par laquelle nous existons et pour laquelle nous devons agir.

Cette faute, l'aviez-vous commise ? Votre rêve, qu'avait-il donc de si coupable ? Ne souhaitiez-vous pas uniquement de mériter, chacun suivant vos talents, et d'obtenir une belle situation, c'est-à-dire de celles qui nous valent beaucoup d'estime ou d'envie de la part des hommes ? Acquérir des titres et les faire valoir, n'est-ce pas ce que semble vous engager à faire, toute votre vie, notre système entier d'études et de concours ? Ce sont chaque jour vos devoirs, vos compositions, les notes et les prix qui nous sont une occasion de particulièrement distinguer l'un quelconque d'entre vous ; et vous avez contracté le goût de vous préférer vous-même aux autres. Des sanctions marquent d'ordinaire l'ordre de nos préférences ; après nous, c'est de la société que vous exigerez qu'elle rétribue votre mérite. Si bien qu'au lieu de mettre toute la beauté de votre destinée dans la beauté de vos efforts, il vous a plu de projeter sur l'horizon radieux de votre avenir toute l'éclatante procession des illusions enchanteresses qui n'attendent que le moment de se pencher sur vous afin de satisfaire et de combler l'ardeur de vos ambitions et de vos désirs.

Et voyez toute l'inéluctable logique du sentiment : La simple attente d'une récompense vous dégradait à tel point que vous n'étiez même plus capable de voir l'outrecuidance de vos prétentions. A vous tous les honneurs ; et pourquoi, s'il vous plaît, sinon parce que vous avez eu la faveur d'aller au lycée ? Pour beaucoup d'entre vous, sans doute, des raisons de mérite personnel n'en n'ont pas d'abord décidé. Mais admirez un peu la folle prodigalité de nos sociétés modernes. Si, pendant vingt ou vingt-cinq ans, un quart de siècle, notez bien, nous pouvons, privilège incomparable, vivre en absorbant insatiables, ce que d'autres ont produit, c'est peut-être que, pour nous faire ces loisirs, pour nous créer ces ressources, des existences sont vouées tout entières au labeur quotidien, dépensées au jour le jour dans la tâche qui nous profite. Est-ce du moins pour ces travailleurs que la société réserve ses plus enviables faveurs ?

Nos établissements d'instruction publique les plus dispendieux, les plus relevés, c'est encore vous que nous y voyons ; et je pense que, sortis du lycée, beaucoup d'entre vous fréquentant à leur tour les facultés, les écoles, les laboratoires et les bibliothèques, pourront se rendre compte de ce qu'il en a coûté à la société pour former un seul des professeurs qui vous prodiguent ici leur enseignement. Mais ces professeurs — pour moi débutant d'hier, je ne puis éprouver de scrupule à évoquer ici votre reconnaissance ; c'est à vos maîtres plus anciens que nous, c'est aux maîtres que je viens de quitter moi-même qu'ira ce remerciement public — regardez leur vie toute entière consacrée à l'éducation des générations qui passent ; croyez-vous qu'il n'y ait pas de l'abnégation à concentrer sur ces classes fugitives, inconstantes et oublieuses, toutes les forces d'une intelligence qui pourrait souhaiter de se développer pour elle-même, toute la sollicitude d'une volonté qui se donne sans retour possible? Croyez-vous qu'il ne faut pas toute la patience inlassable du dévouement pour recommencer incessamment sur la même route à guider vos pas incertains ?

Dites-moi ? Tout cela ne serait que pour vous assurer l'espoir d'une belle situation dans le monde ? Rappelez votre esprit s'il s'égare encore après de si coupables chimères ; qu'il s'applique aux réalités présentes ; sans doute, au lycée, il ne vous arrive de la société qui travaille qu'une rumeur lointaine et de vagues appels. Félicitez-vous d'être ainsi tenus à l'écart ; si vous aviez éprouvé trop jeunes la trépidation formidable où s'use et se consume l'énergie des hommes, peut-être n'auriez-vous pu surmonter le premier vertige ; votre volonté sombrait ; vous n'aviez plus de voix que pour proclamer la fatalité des choses, l'inutile révolte de la conscience humaine. C'est avec un grand parti-pris de liberté que nous devons nous préparer à l'action ; rien d'humain ne peut exister que par le consentement des hommes.

Il n'y a que nos croyances morales, il n'y a que nos opinions de conscience, celles que nous pouvons professer de toute notre sincérité, de toute notre foi, de notre entier désintéressement qui puissent prêter aux institutions la vie et l'efficacité. En vain voudrons-nous rejeter sur quelque illusoire nécessité des choses, la responsabilité des iniquités reconnues ; il ne peut y avoir de force contre le droit, quand le droit s'est emparé des consciences. Essayons d'y voir clair ; efforçons-nous de voir sans ambiguïté, quels rapports nous unissent aux autres hommes.

Eh bien ! vous l'avez compris : vous ne pouvez être ici le continuel objet de tant de sollicitude et de dévouement, vous ne pouvez retenir attachés aux soins de votre corps et de votre esprit tant de travailleurs de toutes espèces, pourvoyeurs de vos besoins ou éveilleurs de vos intelligences, vous ne pouvez pas absorber toujours sans restituer jamais : plus vous aurez accepté des autres et plus le sacrifice de vous-même aux autres doit être complet. Un jour, il peut apparaître à l'un quelconque d'entre vous que la dette dont il doit porter la charge dépasse vraiment la fécondité de son intelligence et de son coeur ; alors enfin le malentendu sera dissipé ; rêver des belles situations, ce ne sera plus que rêver d'avoir à beaucoup servir les autres ; aux plus zélés, aux plus actifs, aux plus intelligents serviteurs de la société, nul ne voudra plus disputer les premières places. De qui le droit pourrait-il bien alors être frustré, puisqu'il n'y aura plus pour chacun que des devoirs à remplir ?

Puissiez-vous donc toujours garder vivace le sentiment de tout ce que vous avez concentré sur vous de soins, d'efforts, de dévouement et d'espérance. Cette dette sociale, hâtez-vous de la proclamer spontanément, tandis que vous pouvez encore librement y satisfaire.

Quelle séduction plus délicate pour nous, privilégiés d'aujourd'hui, que de savoir prouver par notre exemple que nous n'avons rien trouvé de mieux à souhaiter que de pouvoir beaucoup servir la société ? Vivre pour les autres, n'est-ce pas vivre avec intensité, défier la mort cachée au coeur de l'égoïsme — n'est-ce pas condenser chaque instant de notre existence dans une oeuvre d'idéal, n'est-ce pas toute notre indépendance ?

Ecoutez-les déjà ces artisans de l'avenir :

« A la manoeuvre, compagnons, à la manoeuvre ! Que chacun prenne sa place, et, poussant tous ensemble un cri qui scande, exalte nos efforts, raidissons nos corps... le navire s'ébranle. Quoi, toute cette puissance déployée par tous entre dans mes muscles ? Je suis toute leur force, ils sont toute ma force ? Notre cri triomphe, c'est le chant du travail émancipateur, c'est l'humanité qui s'avance dans une grande clameur de force, de confiance, de joie et de liberté. »

  • Bar-le-Duc, 1903
  • Source: Revue numérique Persée